Domaine Alain Chabanon - Campredon 2007
5 février, 2009
Cette photographie, en camaïeux de bruns, assez low key a été prise lors du Tupperwine 15.0 organisé par Fabrice de VinSurVin avec les vins d’Alain Chabanon.
Domaine Alain Chabanon - Campredon 2007
1/13s | f4,5 | 800 iso | 48mm | Nikon D2X et Nikkor 18-70 AFS 3,5-4,5
Ce qui m’a tout de suite plu dans cette étiquette, c’est son aspect très graphique, et ce malgré le caractère très discret de l’image qui y est représentée.
Graphique mais sans insister sur l’image(!)? Oui, en utilisant la typographie comme élément et informatif (ce qui est son usage “normal”), mais aussi visuel, comme une toile où les mots feraient office de coups de pinceau.
Du sens de la typographie
Deux grandes familles de typographies sont utilisées :
- Une typo avec empatements (pensez aux extrémités des caractères en times new roman) pour “Campredon” et “par Alain Chabanon“, c’est-à-dire pour les mots qui relèvent en un sens de l’abstrait : le producteur/marque, le nom de cuvée
- Une typo sans empatements (pensez aux extrémités “nettes” des caractères en arial) pour les informations concrètes et “terre à terre” : appellation, millésime, mentions légales
Cette dichotomie entre deux “natures” d’information est assez naturelle et se retrouve sur quasiment toutes les étiquettes, mais dans une forme moins élaborée où généralement seules la taille et éventuellement la graisse (gras, normal, fin, etc…) varient.
L’orientation de la typographie est elle même mise à profit pour dynamiser la composition au moyen de lignes verticales.
De façon générale, les verticales affinent une composition en s’élançant vers le ciel, et véhiculent un sentiment de légèreté et de finesse contrairement à l’accumulation d’horizontales (si fréquente sur les étiquettes de vin) qui, elles, évoquent plus la terre (l’horizontale est la position de stabilité lorsqu’un objet est soumis à la gravité) avec ce que cela a de positif (terroir, sérieux, confiance) et de négatif (lourdeur, pesanteur, rusticité).
Une symétrie centrale source de mouvement

Représentation schématique de la composition de l'étiquette
L’étiquette présente une composition complexe basée sur la symétrie centrale autour de l’illustration. Je trouve que l’effet est très réussi car combiné avec les choix typographiques expliqués ci-dessus, le regard se trouve guidé en l’étiquette se lit en spirale : “Campredon”, puis “par Alain Chabanon”, puis 2007, puis l’appellation et les autres mentions écrites verticalement à gauche de l’étiquette.
C’est donc cette lecture non linéaire (on ne va pas de gauche à droite et de bas en haut sur cette étiquette) qui contribue à insufler le mouvement à la composition.
Conclusion
Pour avoir pu écouter Alain parler de sa façon de travailler et de son regard sur son métier, je trouve que cette étiquette s’accorde parfaitement à sa personne et ses idées.
Du raffinement et des choix intelligents : le graphisme au service de l’idée!
6 février, 2009 à 10 h 32 min
Je suis heureux et fier d’être le premier à laisser le tout premier commentaire sur un site dédié à 2 de mes passions : le vin et la photographie.
Ces deux premiers clichés me plaisent énormément. Je suis vraiment heureux de “profiter” des talents de Julien lors des TupperWine. Les sessions Bérénas et TupperRhône (qu’il faudra afficher ici) furent remarquables également.
Longue vie à Boire Avec Les Yeux, dont je m’empresse de parler sur VINSURVIN !
6 février, 2009 à 10 h 46 min
Salut Fab!
Mon prochain article sera sur Bérénas, tu fais bien d’en parler…
Perso, c’est toi que je remercie d’organiser tous ces tupperwines
19 octobre, 2009 à 8 h 19 min
Votre démarche est très intéressante. Il y a a au coeur de votre analyse une dimension spatiale qui apporte quelque chose de très nouveau et de fondamental.
J’aime beaucoup votre schéma du positionnement des rectangles et de la différences d’intensité des couleurs pour montrer le jeu de la différence d’importance des messages.
Bravo aussi pour tout de suite passer à l’enseignement supérieur our apprendre à tous à ouvrir leurs mirettes, pas seulement pour dire si c’est joli ou pas. A la limite, cette dernière dimension n’a pas grand sens.
Elisabeth Poulain
19 octobre, 2009 à 14 h 27 min
Bonjour Elisabeth!
Merci beaucoup pour votre gentil commentaire.
Je vous dois une fière chandelle, ce blog que j’avais négligé depuis quelques mois (charge de travail importante…) va reprendre un peu vie, peut-être sur un plan plus généraliste “photographie et vin”.
J’ai été très intéressé par ce que j’ai lu sur votre blog également. D’ailleurs j’y retourne de ce pas!
Bien à vous,
Julien